Commande publique : les entreprises de travaux anticipent le ralentissement électoral

Selon une étude Intescia menée auprès de 400 entreprises actives sur la commande publique, 73,3 % des entreprises de travaux constatent une baisse des appels d’offres publics pendant la période électorale et 48,5 % des reports de projets. Très dépendant des collectivités territoriales, le secteur adapte ses pratiques : près de 70 % des ETI ont fait évoluer leur stratégie commerciale, tandis que près d’un acteur sur deux analyse les programmes électoraux et les professions de foi. L’étude souligne aussi le rôle des échanges avec les collectivités, des budgets et des réseaux locaux pour repérer les projets avant leur publication.

Intescia, groupe européen de Data Intelligence B2B, publie les résultats de son étude « L’impact des élections municipales sur les projets publics ». L’étude analyse l’impact de la période électorale sur les projets publics. Elle repose sur un sondage réalisé auprès de 400 entreprises actives sur la commande publique, avec un focus sur le secteur des travaux.

Le secteur des travaux est celui qui ressent le plus fortement la baisse des appels d’offres publics pendant la période électorale.

  • 73,3 % des entreprises de travaux constatent une baisse du volume d’appels d’offres publics pendant la période électorale, le niveau le plus élevé tous secteurs confondus.
  • 48,5 % déclarent avoir constaté des reports de projets publics sur la même période.
  • Près de 70 % des ETI du secteur ont adapté leur stratégie commerciale pendant la période électorale. Il s’agit du niveau le plus élevé toutes tailles d’entreprises confondues.
  • 36,3 % des entreprises de travaux ont déjà identifié des municipalités où de nouvelles priorités pourraient avoir un impact sur leur activité. Ce taux est également le plus élevé du panel.
  • Près de 50 % ont analysé les programmes électoraux et professions de foi pour anticiper de futurs projets, contre 38,3 % en moyenne sur l’ensemble du panel.

La période électorale modifie donc le calendrier de certains projets publics. Les changements d’équipes municipales, les nouvelles priorités et les arbitrages budgétaires peuvent également faire évoluer le calendrier des opportunités commerciales.

« Ces chiffres confirment ce que nous observons chaque jour aux côtés de nos clients : les entreprises de travaux les plus exposées aux cycles électoraux sont aussi celles qui structurent le plus tôt leur veille et leur prospection. Détecter les signaux faibles avant même la publication des appels d’offres devient un vrai levier de performance commerciale. » Christophe Vanackère, Directeur général d’Intescia.

Au-delà du secteur des travaux, l’étude montre l’ampleur du phénomène à l’échelle de la commande publique. 65,9 % des entreprises interrogées constatent une diminution du volume d’appels d’offres pendant la période électorale.

Le phénomène varie selon les secteurs :

  • Travaux : 73,3 %
  • Fournitures : 60,9 %
  • Services : 56,9 %

Dans le secteur des travaux, 48,5 % des entreprises constatent également des reports de projets publics. À l’inverse, 13 à 14 % des entreprises observent une accélération de certaines décisions avant les élections. Certaines collectivités peuvent ainsi chercher à engager certains projets avant la fin du mandat.

Les effets de la période électorale ne se limitent donc pas au nombre d’appels d’offres publiés. Le calendrier des décisions, les priorités des collectivités et les projets à venir constituent également des informations utiles pour les entreprises actives sur la commande publique.

88 % des entreprises de travaux interrogées travaillent majoritairement avec des collectivités territoriales, soit près de 9 entreprises sur 10.

Ce taux atteint :

  • 78 % dans les services ;
  • 72 % dans les fournitures.

Cette concentration expose directement les entreprises de travaux aux évolutions du calendrier électoral local. Un changement d’équipe municipale ou de priorité budgétaire peut modifier le volume, la nature ou le calendrier des projets.

La baisse des appels d’offres concerne les entreprises de travaux quelle que soit leur taille.

  • PME : 74,5 %
  • ETI : 68,9 %
  • Grands groupes : 76,6 %

Les résultats sont donc proches entre les PME et les grands groupes. Les ETI présentent un taux légèrement inférieur.

Les ETI du secteur des travaux déclarent davantage adapter leur stratégie commerciale pendant la période électorale.

Près de 70 % des ETI indiquent avoir fait évoluer leur stratégie pendant la période électorale :

  • 48,5 % ont procédé à des ajustements légers ;
  • 21,2 % ont engagé des changements structurants.

Ces résultats montrent que la baisse temporaire des consultations peut conduire les entreprises à renforcer leur travail de veille et de prospection en amont des futurs projets.

Le secteur des travaux se distingue par plusieurs pratiques d’anticipation. 34,2 % des entreprises de travaux ont déjà engagé des démarches auprès de nouveaux élus. Près d’un acteur sur deux déclare avoir analysé les programmes électoraux et professions de foi afin d’identifier des projets liés à son activité, contre 38,3 % en moyenne sur l’ensemble du panel.

Ces pratiques permettent d’identifier des informations avant la publication d’un appel d’offres, notamment lorsque les projets apparaissent d’abord dans les orientations politiques ou budgétaires des collectivités.

Les publications de marchés publics restent la première source utilisée par les entreprises interrogées, citées par 55 % des répondants.

D’autres sources sont également utilisées :

  • Échanges avec les services techniques des collectivités : 35,3 %
  • Réseaux locaux : 31 %
  • Délibérations et budgets : 26 %
  • Presse : 23,8 %
  • Programmes politiques : 12,8 %

Par ailleurs, 10,1 % des répondants déclarent analyser systématiquement les programmes politiques. Ces résultats montrent que les entreprises savent tirer parti de plusieurs sources pour détecter des projets avant leur publication.

45,4 % des entreprises interrogées ont déjà identifié tout ou une partie des élus ou adjoints responsables des sujets correspondant à leur activité.

Près de sept entreprises sur dix ont également pris ou envisagent de prendre contact avec les municipalités :

  • 39,7 % ont déjà engagé une démarche ;
  • 30,1 % prévoient de le faire prochainement.

Le renouvellement des équipes municipales peut ainsi modifier les interlocuteurs et les priorités des collectivités.

Pour les entreprises interrogées, la période post-électorale présente plusieurs intérêts commerciaux.

  • 50,2 % citent la possibilité de rencontrer de nouveaux décideurs.
  • 31,1 % citent la possibilité de se positionner sur de nouveaux marchés.
  • 18,7 % citent la possibilité de challenger les prestataires en place.

La période post-électorale apparaît ainsi comme une phase de renouvellement des interlocuteurs et de définition de nouvelles priorités. Pour les entreprises de travaux, elle peut constituer un moment pour identifier les projets à venir et suivre leur évolution avant leur éventuelle publication.

L’étude met en évidence deux effets complémentaires de la période électorale. D’une part, 73,3 % des entreprises de travaux constatent une baisse des appels d’offres publics et 48,5 % constatent des reports de projets. D’autre part, les entreprises interrogées utilisent différentes sources pour anticiper les futurs projets : échanges avec les collectivités, réseaux locaux, budgets, délibérations, presse et programmes politiques.

La période électorale modifie donc le calendrier de la commande publique sans entraîner nécessairement un arrêt de l’activité. Pour les entreprises de travaux, le suivi des projets et des décideurs locaux complète ainsi la surveillance des appels d’offres publiés.

Méthodologie

Cette étude repose sur un sondage déclaratif réalisé auprès de 400 entreprises actives sur la commande publique. Elle analyse l’impact de la période électorale sur les projets publics et présente notamment les résultats du secteur des travaux. Période du sondage : du 18 mai au 7 juin 2026. Période électorale étudiée : depuis le 1er septembre 2025.

À propos d’Intescia

Le groupe Intescia est un éditeur européen de solutions de go-to-market basées sur la donnée B2B, détenu par Five Arrows, la plateforme de private equity de Rothschild & Co.

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Lara Gasquet
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