Climatisation : quand les unités techniques s’intègrent au design architectural

De la régularisation de l’humidité dans une imprimerie new-yorkaise aux caches clim design
fabriqués en Auvergne, l’histoire de la climatisation raconte aussi celle de notre rapport au confort
et à l’esthétique. Alors que près d’un logement français sur quatre est désormais équipé d’un système
de climatisation, un nouvel enjeu apparaît dans un contexte de dérèglement climatique : comment
intégrer ces équipements techniques désormais incontournables sans dénaturer l’architecture et les
espaces de vie ? C’est cette réflexion, nourrie d’un savoir-faire industriel, qui a poussé GLOBALU,
entreprise brivadoise (63), à décliner des caches pour climatiseurs et pompes à chaleur pensés
comme des éléments de décor.

De la glace à la climatisation moderne 

Vivre les épisodes caniculaires sans pouvoir se rafraîchir semble aujourd’hui difficilement imaginable. Pourtant, pendant des siècles, les bâtiments ont dû composer avec la chaleur sans disposer de systèmes capables de contrôler précisément la température et l’humidité de l’air. 

Bien avant les machines, les humains avaient développé des solutions pour se protéger de la chaleur : murs épais, orientation des bâtiments pour profiter des courants d’air, cours intérieures, fontaines, refroidissement par évaporation, … Ces techniques ingénieuses ne permettaient pas de maîtriser avec précision les conditions intérieures. 

Au XIXe siècle, les premières recherches sur la réfrigération mécanique ouvrent une nouvelle voie. Parmi les précurseurs figure notamment John Gorrie, médecin américain, qui expérimente des machines capables de produire de la glace afin de refroidir l’air des chambres de patients. La technologie progresse alors, mais n’est pas très aboutie. 

Les véritables prémices de la climatisation moderne apparaissent au début du XXe siècle, avec un jeune américain du nom de Willis Haviland Carrier. Né en 1876, Carrier étudie l’ingénierie à Cornell University avant de rejoindre la Buffalo Forge Company, spécialisée notamment dans les équipements de chauffage et de ventilation. En 1902, il est confronté à un problème industriel qui va donner naissance à une invention appelée à transformer durablement notre manière de faire vivre les espaces intérieurs. 

1902 : quand une imprimerie invente, malgré elle, la climatisation 

 À Brooklyn, l’imprimerie Sackett & Wilhelms rencontre un problème particulièrement contraignant. L’entreprise imprime notamment en couleur. Elle doit faire passer plusieurs fois la même feuille dans ses presses. Or, lorsque l’été s’installe, la chaleur et l’humidité font varier les dimensions du papier. Ces variations, pourtant infimes, suffisent à perturber l’alignement des différentes couleurs et à compromettre la qualité des impressions. La demande adressée à Carrier n’est donc pas de rafraîchir les ouvriers de l’imprimerie, mais de contrôler l’humidité de l’air afin de stabiliser le papier. Carrier va mettre au point un système dans lequel l’air passe sur des surfaces refroidies. Au contact de celles-ci, une partie de la vapeur d’eau contenue dans l’air se condense. Le 17 juillet 1902, l’ingénieur finalise les plans de son installation pour l’imprimerie. Il ne s’agit évidemment pas encore de la climatisation domestique que nous connaissons, mais cette invention est considérée comme l’une des premières étapes décisives de la climatisation moderne. 

L’anecdote résume à elle seule l’histoire de cette technologie : la climatisation moderne n’est pas née pour rafraîchir les hommes, mais pour permettre à des feuilles de papier de conserver leurs dimensions et leurs couleurs ! Au fil des années, Carrier perfectionne ses systèmes et développe les fondements scientifiques permettant de contrôler les caractéristiques de l’air. En 1915, il fonde avec plusieurs ingénieurs la Carrier Engineering Corporation. La technologie quitte progressivement le monde industriel pour gagner les bâtiments publics, les commerces, les salles de spectacle, puis les logements. 

Un équipement devenu courant, mais une présence qui reste visible 

Plus d’un siècle après l’invention de Carrier, la climatisation occupe une place bien différente dans notre quotidien. En France, sa diffusion s’accélère sous l’effet des épisodes de chaleur de plus en plus fréquents et difficiles à supporter. 

Selon l’ADEME, environ 24% des foyers français disposent d’un système de climatisation en 2025, contre environ 18% en 2023. Près d’un logement sur quatre est désormais équipé, avec une progression particulièrement marquée ces dernières années. Cette évolution dépasse également le cadre résidentiel : commerces, bureaux, hôtels et autres bâtiments tertiaires sont eux aussi de plus en plus équipés. 

Cette évolution répond avant tout à une nécessité de confort. Lorsque les températures augmentent, notamment dans les logements qui accumulent fortement la chaleur, la climatisation devient pour certains une solution pour retrouver des conditions de vie supportables, notamment la nuit. Mais à mesure qu’elle se démocratise, une nouvelle question se pose : comment intégrer durablement ces équipements dans les espaces de vie et dans l’architecture ? 

Contrairement à de nombreux appareils domestiques, une climatisation fixe ne disparaît pas lorsqu’elle n’est pas utilisée. Son unité intérieure s’installe dans les pièces de vie ou les chambres, tandis que son unité extérieure prend place sur une façade, un balcon, une terrasse ou dans un jardin. Longtemps, le choix d’un équipement s’est essentiellement fondé sur ses performances, sa consommation énergétique, son niveau sonore ou sa fiabilité. Désormais, son apparence et sa capacité à s’intégrer harmonieusement dans son environnement entrent également en ligne de compte. Cette évolution dépasse d’ailleurs la seule question du confort domestique. Pour les architectes comme pour les professionnels du bâtiment, l’intégration des équipements techniques devient un véritable enjeu de conception. Dans un projet où chaque détail participe à l’identité visuelle d’un lieu, une unité extérieure ne peut plus être considérée comme un élément secondaire, à installer là où il reste de la place. Elle devient un objet qu’il faut penser, intégrer, voire parfois valoriser. 

A partir de cette réflexion s’est développée une nouvelle approche de la climatisation : celle qui consiste non plus seulement à faire fonctionner l’équipement, mais à l’intégrer pleinement à son environnement. C’est dans cette perspective que GLOBALU a développé une gamme de caches pour climatiseurs et pompes à chaleur conçus comme de véritables éléments d’aménagement. 

GLOBALU : transformer l’équipement technique en élément architectural 

Installée à Lempdes-sur-Allagnon, en Haute-Loire, au coeur de l’Auvergne, l’entreprise conçoit et fabrique en France. Son parti pris : ne plus chercher simplement à dissimuler les unités de climatisation et de pompes à chaleur, mais repenser leur présence dans l’espace à travers le design, les matières, les formes et les finitions. 

Avec 7 gammes et plus de 50 modèles aux designs variés, GLOBALU propose une collection extérieure qui traverse tous les univers esthétiques, du plus sobre et épuré au plus graphique et affirmé. Une diversité de styles pensée pour s’adapter à chaque architecture et à chaque environnement, et faire de l’équipement extérieur un véritable élément de décoration, de la façade à la terrasse, jusqu’au jardin. 

Cette approche ne se limite d’ailleurs pas aux installations extérieures. GLOBALU développe également des caches pour unités intérieures, un savoir-faire encore peu répandu en France. Destinées à s’intégrer directement dans les pièces de vie ou les chambres, ces solutions permettent à leur tour de travailler l’esthétique de l’installation, sans engager de travaux importants ni compromettre son fonctionnement. Avec notamment un modèle à bords arrondis, l’entreprise altiligérienne transpose ainsi sa démarche du dehors au dedans : faire de l’équipement technique un élément qui participe pleinement à l’aménagement de l’espace. 

Derrière cette recherche esthétique se trouve un véritable savoir-faire industriel. GLOBALU travaille exclusivement l’aluminium thermolaqué, un matériau adapté aux contraintes des installations extérieures permettant de conjuguer résistance, durabilité et liberté de conception. Découpe laser, pliage, assemblage, thermolaquage et finitions sont réalisés et suivis sur le site auvergnat, de la matière première au produit fini. Cette maîtrise de la chaîne de fabrication permet de contrôler la précision des pièces, la qualité des finitions et la régularité de la production, tout en conservant la capacité de 

développer de nouvelles formes et de répondre à des configurations particulières grâce au sur-mesure. Les caches sont par ailleurs conçus avec des ouvertures permettant la circulation de l’air nécessaire au bon fonctionnement des équipements. 

Pour les trois fondateurs et associés, Clément Banet, Deborah Jost et Clément Mongeot, « notre enjeu est de faire dialoguer deux univers longtemps considérés séparément : celui de la performance technique et celui de l’esthétique ». Une démarche qui se traduit aussi bien dans le dessin des produits que dans leur fabrication, avec une production intégralement réalisée en France. En revendiquant « un modèle industriel ancré dans son territoire, nous avons l’ambition de contribuer à maintenir et développer des savoir-faire industriels, en Haute-Loire, tout en faisant de la fabrication française un élément central de notre identité », énoncent les trois dirigeants. 

De l’équipement indispensable à la pièce d’architecture 

L’histoire de la climatisation aura donc connu plusieurs vies. Née d’un problème d’humidité dans une imprimerie au début du XXe siècle, elle est devenue un équipement industriel, puis un élément de confort avant d’en devenir un élément architectural. 

« Nous avons voulu porter un autre regard sur ces caches pour climatiseurs et pompes à chaleur » conclut Clément Banet. « Pouvant paraître anecdotique, cette évolution devient un enjeu tant pour les particuliers que pour les professionnels portés par l’esthétique de leurs locaux ou de leur bâtiment, voire d’en devenir un marqueur identitaire, à l’image de la célèbre virgule de Nike qui pourrait tout à fait être déclinée grâce à notre capacité de découpe laser. » 

Une évolution qui marque peut-être une nouvelle étape dans l’histoire de la climatisation. Après avoir appris à maîtriser l’air, il s’agit désormais d’apprendre à sublimer la machine qui le contrôle. 

A propos de : 

GLOBALU 

GLOBALU est une entreprise à taille humaine qui compte aujourd’hui 5 collaborateurs et ambitionne une production annuelle de 10 000 caches-climatiseurs. Avec un chiffre d’affaires attendu de 4 millions d’euros, la marque poursuit son développement sur un marché à dimension internationale, avec une diffusion de ses produits en France, en Europe et aux États-Unis. 

Kaouther Soufir
Kaouther Soufir
Articles: 54

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