Rénovation : le coût freine les projets, malgré une forte attente de performance énergétique

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Observatoire Habitant-Consommateur 2026 du Club de l’Amélioration de l’Habitat, réalisé par Audrey Valin, sociologue au sein du cabinet ACTES, et TBC Innovations. 

Enquête menée en avril 2026 auprès de 1 500 propriétaires occupants et propriétaires bailleurs du parc résidentiel privé. 

Cet été 2026 l’a à nouveau démontré : la rénovation performante du parc résidentiel français est urgente. Adaptation au changement climatique, avec en première ligne le confort d’été, réduction des consommations d’énergie et de l’impact carbone, amélioration du cadre de vie et des fonctionnalités pratiques des logements …, les enjeux sont connus. 

Cependant, dans un contexte de tension économique, d’incertitude sociale, de transition démographique et politique, les ménages se réfugient trop souvent dans une posture attentiste. Or, ils constituent le maillon central d’une massification possible de la rénovation du logement. 

Comment accompagner, faciliter et déclencher leur passage à l’acte ? 

Pour répondre à cette question, dans le cadre d’une action publique efficiente, il s’agit de mieux comprendre leurs motivations, leurs freins et le regard qu’ils portent aujourd’hui sur l’écosystème associé. C’est l’objectif de l’Observatoire Habitant-Consommateur 2026 du Club de l’Amélioration de l’Habitat, réalisé par Audrey Valin, sociologue au sein du cabinet ACTES, et TBC Innovations. Une enquête menée en avril 2026 auprès de 1 500 propriétaires occupants et propriétaires bailleurs du parc résidentiel privé. 

Principaux enseignements… 

Qu’ils en aient déjà effectués ou qu’ils en aient l’intention, les Français, quels que soient leurs revenus, entreprennent essentiellement des travaux de rénovation dans un objectif d’embellissement. Chez les propriétaires occupants, cette motivation apparait majeure pour : 

– 70 % de ceux ayant déjà réalisé des travaux, devant l’amélioration du confort énergétique, citée par 58 % des répondants ; 

– 48 % de ceux envisageant d’en réaliser, là encore devant l’amélioration du confort énergétique, citée par 31 % des répondants. 

Chez les propriétaires bailleurs, les motivations sont plus dispersées, mais l’embellissement demeure le levier principal de passage à l’acte pour : 

  • 46 % de ceux ayant déjà réalisé des travaux, devant la nécessité (panne, réparation, vétusté…), citée par 42 % des répondants ; 
  • 33 % de ceux envisageant d’en réaliser, devant l’amélioration du confort énergétique, citée par 24 % des répondants. 

Les travaux de rénovation se font le plus souvent au fil de l’eau. C’est particulièrement le cas chez les propriétaires occupants (69 %), et dans une moindre mesure, chez les propriétaires bailleurs (58 %). 

Cette logique domine quel que soit le bien, même si les appartements favorisent un peu plus les bouquets de travaux (39 % v/s 31 % en maison). 

Le premier facteur expliquant ce séquençage est le coût de la rénovation globale, jugé trop élevé par 76 % des propriétaires occupants et par 61 % des propriétaires bailleurs. Ce frein dépasse largement toutes les autres problématiques de contraintes (durée et lourdeur du chantier, disponibilités des professionnels…). 

Lorsqu’on leur demande s’ils aimeraient, dans l’absolu, améliorer l’efficience énergétique de leur logement, 75 % des propriétaires occupants répondent favorablement, dans un objectif principal de réduction des dépenses de chauffage. Cette motivation prime sur les besoins plus spécifiques de confort d’hiver (61 %) ou d’été (57 %), ainsi que sur la valeur patrimoniale du bien (49 %). 

C’est également le cas pour les propriétaires bailleurs (54 %), bien que les concernant, la préservation voire l’augmentation de la valeur patrimoniale soit un objectif quasiment tout aussi important (51 %). 

En réponses spontanées, les besoins de travaux exprimés se concentrent sur l’isolation (15 % des répondants), les pièces d’eau (12 %) et l’adaptation / accessibilité (11 %). 

Les propriétaires bailleurs sont globalement plus enclins à faire appel à un professionnel pour réaliser leurs travaux, mais ce choix prévaut également chez les propriétaires occupants : 

Ce recours aux professionnels est d’abord motivé par la recherche de compétences (69 % des propriétaires occupants, 65 % des propriétaires bailleurs). La confiance à leur égard reste d’ailleurs élevée. 

La réalisation de travaux par soi-même répond avant tout à un arbitrage budgétaire, plus qu’à un simple plaisir (75 % des propriétaires occupants v/s 67 % des propriétaires bailleurs). 

Les options de financement les plus connues et utilisées sont les solutions les plus classiques : 

  • Le prêt personnel travaux, déjà utilisé par 30 % des propriétaires occupants et 31 % des propriétaires bailleurs ; 
  • Le financement intégré à un achat immobilier, déjà utilisé par 21 % des propriétaires occupants et 21 % des propriétaires bailleurs. 

Viennent ensuite d’autres solutions bancaires, notamment celles rémunérant directement les artisans en charge les travaux. 

À quelques mois des élections présidentielles de 2027, les attentes en matière de politique du logement sont multiples mais claires : 

Les verbatims associés sont tout aussi précis. Ainsi par exemple : 

Cette enquête livre des informations essentielles pour comprendre les mécanismes décisionnels réels en matière de rénovation. Elle confirme notamment l’idée que les enjeux varient en fonction du statut du donneur d’ordre. 

Pour le propriétaire occupant, les besoins et types de travaux évoluent en fonction de la configuration familiale, de l’âge, des moyens disponibles… Pour le propriétaire bailleur en revanche, les motivations sont plus souvent liées à l’attractivité du bien, aux obligations réglementaires, fiscales… 

Pour autant, certains réflexes ou problématiques relient les deux profils : le séquençage des travaux lié au coût de la rénovation globale, l’attente largement partagée d’aides financières et de simplicité ou encore la performance énergétique comme horizon commun, sans omettre les nouveaux défis climatiques et démographiques qui s’imposent à tous. 

Les stratégies publiques et privées doivent s’appuyer sur ces différences et ces similarités pour une action collective réellement efficace, pérenne et porteuse de fruits. 

Visionner le replay du webinaire – Étude disponible sur demande 

Kaouther Soufir
Kaouther Soufir
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