



Alors que les bâtiments font face à des exigences croissantes en matière de sobriété énergétique, de décarbonation et de confort des occupants, la qualité de l’air intérieur devient un enjeu central des projets de construction et de rénovation. Aujourd’hui, plus de 80 % du temps est passé à l’intérieur des bâtiments et l’air intérieur est en moyenne huit fois plus pollué que l’air extérieur selon l’Organisation Mondiale de la Santé.
Pourtant, la ventilation reste encore largement sous-estimée dans les stratégies de rénovation énergétique. Souvent invisible, elle constitue pourtant un équipement essentiel au fonctionnement d’un bâtiment : elle permet d’apporter de l’air neuf, d’évacuer les polluants et l’humidité, de préserver le bâti dans le temps et de contribuer au confort thermique été comme hiver. Dans un contexte d’accélération de la rénovation énergétique, traiter la ventilation devient une condition indispensable pour garantir des bâtiments à la fois performants et favorables à la santé des occupants.
À l’occasion d’INTERCLIMA, les professionnels de la filière mettront en lumière les solutions permettant de mieux intégrer la ventilation dans les projets de rénovation et de répondre aux enjeux conjoints de santé, de performance énergétique et d’adaptation au changement climatique.
La qualité de l’air intérieur, un enjeu sanitaire encore insuffisamment pris en compte
Les polluants présents dans les bâtiments proviennent de sources multiples. Ils émanent de l’extérieur, notamment sous forme de particules fines, pollens, gaz d’échappement ou pesticides, mais sont également générés par les activités quotidiennes des occupants et les matériaux présents dans les bâtiments : cuisson, respiration, humidité liée aux usages, produits ménagers, meubles, revêtements ou solvants.
La difficulté réside dans le caractère largement invisible de ces polluants. Contrairement à certains paramètres perceptibles comme la température ou l’humidité, la majorité des contaminants de l’air intérieur ne sont pas détectables par les occupants. Or, une exposition à un air dégradé sur le moyen ou long terme contribue à l’apparition d’allergies, d’irritations, de troubles respiratoires et, dans certains cas, favoriser des pathologies plus graves.
Les systèmes de ventilation mécanique répondent précisément à cet objectif en assurant deux fonctions complémentaires : l’apport d’air neuf et l’évacuation de l’air vicié chargé en polluants. À ce titre, elle ne relève pas uniquement du confort mais participe directement à la qualité sanitaire des occupants et des bâtiments.
La ventilation : un enjeu énergétique
Le renouvellement d’air représente environ un quart des pertes de chaleur d’un logement et peut atteindre jusqu’à 40 % des pertes thermiques dans un bâtiment tertiaire. Les systèmes de ventilation performants permettent de diviser par deux ou trois ces consommations en adaptant les débits aux besoins réels et/ou en récupérant l’énergie contenue dans l’air extrait.
L’étude TREMI menée par l’ADEME et le ministère de la Transition écologique a notamment identifié le remplacement ou l’installation d’un système de ventilation mécanique performant comme l’un des gestes de rénovation présentant les meilleurs gains énergétiques et de limitation d’émission de gaz à effet de serre par rapport au coût des travaux.
Alors que le décret tertiaire fixe des objectifs ambitieux de réduction des consommations énergétiques dans les bâtiments concernés (-40 % en 2030, -50 % en 2040 et -60 % en 2050), l’amélioration des systèmes de ventilation constitue un levier encore largement sous-exploité.
Rénover sans ventiler : un risque pour la performance globale des bâtiments
L’accélération des rénovations énergétiques rend la question de la ventilation plus stratégique encore. L’amélioration de l’isolation et de l’étanchéité à l’air des bâtiments permet de réduire les déperditions énergétiques, mais elle nécessite en parallèle un renouvellement d’air suffisant et maîtrisé en toutes saisons.
Sans système de ventilation mécanique, l’humidité produite par les occupants et les usages s’accumule rapidement et à des fréquences répétées. À titre d’exemple, dans une chambre de 12 m², deux personnes qui respirent pendant une nuit entière produisent une quantité de vapeur d’eau comparable à deux douches. Sans évacuation efficace, des phénomènes de condensation et de moisissures peuvent apparaître, dégradant le bâti et pouvant affecter la santé des occupants.
Cette problématique est particulièrement importante dans les bâtiments tertiaires fortement occupés, notamment les établissements scolaires. Une occupation dense combinée à un renouvellement d’air insuffisant peut entraîner une augmentation des niveaux de confinement, dégrader tous les jours les conditions d’usage des locaux.
La ventilation doit donc être considérée comme un poste à part entière dans les rénovations énergétiques, au même titre que l’isolation ou les systèmes de chauffage.
Des solutions disponibles pour répondre aux besoins des bâtiments
La filière dispose aujourd’hui de solutions adaptées aux différents usages et configurations:
Dans les bâtiments tertiaires, les centrales de traitement d’air permettent d’aller plus loin en intégrant des fonctions de filtration, chauffage, rafraîchissement et maîtrise de l’humidité, en complément du renouvellement d’air hygiénique.
Face au changement climatique, la ventilation devient aussi un enjeu de confort d’été
L’évolution du climat renforce les attentes en matière de confort d’été. La multiplication des épisodes de fortes chaleurs impose de développer des solutions capables de limiter les surchauffes tout en maîtrisant les consommations énergétiques. Même en période estivale, il est indispensable d’assurer un renouvellement d’air suffisant et maîtrisé afin de préserver la qualité de l’air intérieur, la santé des occupants et la pérennité du bâtiment. Réduire ou arrêter la ventilation favorise l’accumulation des polluants (CO₂, COV, particules, odeurs, etc.) et augmente le risque de développement de moisissures (humidité).
La ventilation double flux apporte une réponse complémentaire grâce à son récupérateur d’énergie, qui limite les apports de chaleur provenant de l’extérieur. Lorsque l’air intérieur est à 24 °C et que l’air extérieur atteint 35 °C, un récupérateur d’énergie performant permet ainsi de souffler un air proche de 25 °C dans le bâtiment. Ces systèmes disposent également de fonctions de surventilation nocturne et de by-pass permettant, lorsque les conditions extérieures sont favorables, d’introduire directement de l’air plus frais afin de contribuer au rafraîchissement des espaces occupés. Les systèmes de VMC double flux thermodynamique apportent une réponse particulièrement adaptée aux enjeux de confort d’été. En associant un récupérateur d’énergie à une pompe à chaleur air/air, ces systèmes assurent simultanément le renouvellement hygiénique de l’air intérieur, le chauffage et le rafraîchissement du logement, tout en optimisant les consommations énergétiques.
La ventilation constitue ainsi un outil supplémentaire pour adapter les bâtiments aux évolutions climatiques, en complément des autres stratégies de confort thermique.
Un marché qui doit encore accélérer vers des systèmes plus performants
Malgré son rôle central pour les occupants et le bâtiment, les systèmes de ventilation mécanique performants restent encore insuffisamment déployés dans le parc immobilier français.
En effet, dans le résidentiel, environ 1/3 du parc n’est toujours pas équipé d’un système de ventilation mécanique (aération par ouverture des fenêtres ou ventilation naturelle). Également, les systèmes simples à débit fixe et les extracteurs ponctuels demeurent majoritaires avec environ 950 000 unités vendues chaque année. À l’inverse, les solutions permettant d’optimiser réellement les consommations restent moins répandues : environ 360 000 systèmes de ventilation mécanique simple flux hygroréglables et 16 000 ventilations double flux sont vendues annuellement.
Cette situation constitue un enjeu important alors que les politiques publiques visent un parc immobilier neutre en carbone à horizon 2050. Le développement des solutions performantes doit permettre de mieux concilier les objectifs de réduction des consommations, de limitation des émissions de gaz à effet de serre et d’amélioration de la qualité des environnements intérieurs.
Dans le tertiaire, le secteur scolaire illustre particulièrement cette nécessité. Une grande partie des établissements disposent encore avec d’une simple aération par ouverture des fenêtres, alors que ces bâtiments accueillent quotidiennement un nombre important d’occupants jeunes et sensibles. L’amélioration du renouvellement d’air constitue donc un enjeu à la fois sanitaire, énergétique et pédagogique puisqu’il pourrait permettre d’éviter plus de 30 000 cas d’asthmes chaque année selon Santé Publique France.
Accompagner la montée en puissance de la ventilation : un enjeu pour toute la filière bâtiment
Le déploiement massif des systèmes de ventilation mécanique performants nécessite toutefois de lever plusieurs freins techniques et organisationnels.
La ventilation souffre notamment d’un manque d’identification dans l’acte de construire et de rénover. Contrairement à d’autres équipements du bâtiment, elle ne relève pas d’un métier clairement identifié : plusieurs intervenants participent à son installation, depuis les entrées d’air jusqu’aux réseaux et au rejet en toiture.
La formation constitue également un enjeu majeur. L’absence de cursus pleinement dédié à un métier de ventiliste limite encore la montée en compétence des professionnels alors que la qualité de mise en oeuvre conditionne directement les performances réelles des équipements.
Pour accélérer cette transformation, il est indispensable de :
Sur INTERCLIMA, la filière mobilisée pour faire de la ventilation un pilier des bâtiments de demain
À travers ses exposants et son programme de conférences, INTERCLIMA mettra en lumière les solutions permettant de répondre aux enjeux de qualité d’air intérieur, de performance énergétique et de confort des bâtiments.
Plusieurs conférences seront notamment consacrées aux enjeux de ventilation :
Lundi 28 septembre
Mardi 29 septembre
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