Construction : la reprise attendue en 2026 s’appuiera sur la rénovation en France

Après plusieurs années de ralentissement, les professionnels de la construction entrevoient une reprise en 2026, avec une croissance estimée entre 7 et 9 % en France et autour de 7 % en Allemagne. L’étude Simon-Kucher, menée auprès de 727 acteurs des deux marchés, souligne toutefois une sortie de crise sous tension. En France, la rénovation et la réhabilitation du parc existant devraient porter l’activité, tandis que l’Allemagne s’appuiera davantage sur la construction neuve, les investissements publics et les besoins en logements. Dans les deux pays, le coût des matériaux, du foncier et du financement pousse les entreprises à privilégier l’efficacité opérationnelle, au détriment temporaire de la transition écologique et de la digitalisation.

Les acteurs anticipent une reprise en 2026, mais la hausse des coûts, le durcissement des conditions de financement et les contraintes structurelles continuent de redessiner les stratégies du secteur.

Un secteur en reprise mais sous tension

  • Le secteur devrait renouer avec la croissance en 2026 avec une progression attendue de +7 à +9 % en France et d’environ +7 % en Allemagne.
  • Derrière cette reprise se dessinent deux modèles de croissance : la France mise sur la rénovation du parc existant, tandis que l’Allemagne s’appuie sur la construction neuve, portée par les investissements publics et les besoins en logements.
  • Le financement et les coûts deviennent les premiers déterminants des décisions d’investissement.
  • Face à ces contraintes, les entreprises font de l’efficacité opérationnelle leur priorité, reléguant à court terme la transition écologique et la digitalisation au second plan.

Paris, le 2 septembre 2026 – Après plusieurs années de ralentissement, le secteur européen de la construction semble atteindre un point d’inflexion. Selon l’étude de Simon-Kucher, réalisée auprès de 727 professionnels de la construction en France et en Allemagne, les acteurs anticipent une reprise de leur activité en 2026, avec une croissance estimée entre +7 % et +9 % en France et autour de +7 % en Allemagne. Cette amélioration reste toutefois conditionnée à une détente durable des conditions de financement et à une stabilisation des coûts dans un contexte inflationniste incertain.

« Les acteurs de la filière considèrent que le point bas a été atteint. En revanche, ils restent prudents : les contraintes et incertitudes économiques demeurent fortes et les investissements restent très sélectifs », explique Franck Brault, Expert Partner chez Simon-Kucher.

Deux pays, deux stratégies de sortie de crise

L’étude révèle une divergence croissante entre les marchés français et allemand.

En France, la reprise repose principalement sur la rénovation et la réhabilitation, qui représentent 45 % des projets couverts par l’étude, contre 37 % pour la construction neuve. L’optimisation du parc existant apparaît comme le principal levier de croissance dans un contexte où la demande reste contrainte.
En Allemagne, la dynamique est davantage portée par les investissements publics et sur les besoins en logements, ce qui soutient davantage la construction neuve.

« Bien que la croissance attendue soit comparable entre les 2 pays, les sous-jacents sont fondamentalement différents. Les stratégies des entreprises s’adaptent désormais à ces réalités nationales », souligne Franck Brault.

Les coûts et le financement deviennent les principaux déterminants du marché

Selon l’étude Simon-Kucher, l’inflation, le coût du foncier et les conditions de financement plus restrictives figurent parmi les principaux facteurs influençant aujourd’hui le secteur. Depuis 2020, l’indice du coût de la construction a progressé de 20 %, tandis que les taux des crédits immobiliers sont passés de 1,2 % à un pic de 3,7 % en 2024, avant de revenir autour de 3,1 % en 2025. Dans le même temps, malgré un rebond observé en 2025, les permis de construire demeurent environ 23 % en dessous de leur niveau de 2022, illustrant la fragilité de la reprise. Dans ce contexte, en 2026 et 2027, les entreprises devraient privilégier avant tout les gains d’efficacité opérationnelle afin de préserver leurs marges et leur compétitivité, reléguant à court terme les enjeux ESG et technologiques au second plan.

Transition écologique et digital : des priorités encore en retrait

Si la transition environnementale est identifiée comme un levier de croissance à long terme en France, elle reste aujourd’hui reléguée derrière les impératifs économiques immédiats. En Allemagne, les enjeux énergétiques sont davantage intégrés aux stratégies des entreprises, mais principalement en réponse à la hausse durable des coûts de l’énergie plutôt que comme un moteur d’innovation ou de différenciation.

Dans les deux pays, les acteurs ne considèrent pas encore la digitalisation comme un facteur majeur de différenciation ou de transformation du secteur.

Pour Simon-Kucher, cette situation illustre le risque de voir les transformations du secteur ralentir tant que les contraintes économiques continueront de primer sur les investissements de long terme.

L’étude montre ainsi que la reprise ne sera pas uniforme : elle dépendra autant des spécificités nationales que de la capacité des entreprises à améliorer durablement leur efficacité opérationnelle. 

« La reprise semble désormais engagée, mais elle sera plus sélective que lors des cycles précédents. Les entreprises qui réussiront seront celles capables de conjuguer efficacité commerciale avec un ciblage précis des niches de croissance et efficacité opérationnelle pour mieux servir des clients de plus en plus sélectifs », conclut Franck Brault.

À propos de l’étude : l’étude « Futur de la construction » a été réalisée par Simon-Kucher au premier semestre 2026 auprès de 727 experts de la construction en France et en Allemagne, représentant l’ensemble de la chaîne de valeur : promoteurs immobiliers, architectes, bureaux d’études, entreprises de construction, industriels et distributeurs.

Les répondants ont été interrogés sur les perspectives de croissance, les facteurs d’influence du marché, les évolutions de la demande et les stratégies mises en œuvre pour répondre aux transformations du secteur.

Simon-Kucher est un cabinet de conseil international présent dans plus de 30 pays et comptant plus de 2 200 collaborateurs. Sa mission est d’aider ses clients à générer une croissance durable et mesurable de leur chiffre d’affaires et de leur rentabilité.
Pour y parvenir, Simon-Kucher optimise l’ensemble des leviers de la stratégie commerciale – produit, prix, innovation, marketing et ventes – en s’appuyant sur une compréhension approfondie des attentes et de la valeur perçue par les clients.
Fort de plus de 40 ans d’expérience dans les stratégies de monétisation, Simon-Kucher est reconnu comme le leader mondial des stratégies de prix et de croissance

Lara Gasquet
Lara Gasquet
Articles: 31

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *