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L’Exposition universelle de 2025 à Osaka (Japon) s’est donnée pour mission de « concevoir la société du futur, imaginer nos vies de demain », avec un accent sur le développement durable et l’innovation sociale. Sur l’île artificielle de Yumeshima dans la baie d’Osaka, plus de 150 pays et organisations présentent jusqu’en octobre 2025 leurs visions du monde de demain.

Cette Expo, véritable laboratoire vivant, s’inscrit dans la lignée des objectifs de développement durable de l’ONU et de la stratégie japonaise « Society 5.0 » visant à intégrer les technologies au service de la société. Au programme : des pavillons futuristes, des démonstrations technologiques et culturelles spectaculaires, et de multiples expériences immersives invitant les visiteurs (attendus au nombre de 28 millions) à réfléchir de manière ludique aux enjeux de la planète et de la vie de demain.
Le « Grand Ring », gigantesque structure circulaire en bois de 2 km de circonférence, ceinture l’ensemble du site de l’Expo 2025. Cet anneau de 20 m de haut, conçu par l’architecte japonais Sou Fujimoto, est constitué de bois local (cèdre, cyprès…) assemblé par des joints traditionnels sans clous. Symbole d’unité dans la diversité, il sert à la fois de promenade panoramique et d’abri climatique pour les visiteurs, offrant une vue imprenable sur les pavillons nationaux tout en les protégeant du soleil et de la pluie. Officiellement reconnue comme la plus grande structure en bois au monde par le Guinness des records, cette prouesse d’ingénierie témoigne de l’engagement de l’Expo envers l’architecture durable – son toit verdoyant accueille fleurs et jardins, et son matériau principal, le bois, évoque le « beau cycle » naturel de captation du CO₂, comme l’a souligné Fujimoto. À l’instar de la tour Eiffel (vestige de l’Expo 1889) conçue initialement pour être éphémère, le Grand Ring était censé être démonté après l’événement, mais son succès est tel que le Japon envisage désormais de le conserver pour l’héritage futur du site.
Autour de ce vaste anneau s’organise un véritable « village global » de pavillons rivalisant de créativité pour illustrer la ville et la société de demain. Chaque pays interprète le thème futuriste à sa manière, mettant en scène culture et technologies dans une optique de développement durable.
Par exemple, l’Allemagne explore la transformation écologique et numérique avec son projet « Wa! Germany », axé sur l’économie circulaire et les innovations en recyclage, énergie propre ou mobilité verte.
L’Espagne propose une expérience multisensorielle tournée vers les océans, la biodiversité marine et la lutte contre le changement climatique.
Les Émirats arabes unis misent sur le concept de ville intelligente avec un pavillon au design futuriste présentant leur vision avant-gardiste de l’urbanisme durable. De son côté, l’Italie marie art et technologie verte sous le thème « L’art régénère la vie », s’inspirant de la Renaissance pour imaginer un espace mêlant œuvres d’art, jardins suspendus et solutions écologiques du XXIe siècle.
De nombreuses autres nations – de la Belgique (avec un poétique voyage à travers les trois états de l’eau) au Bahreïn (thème « Connecting Seas » valorisant l’héritage maritime) – contribuent ainsi à un panorama mondial des idées pour un avenir meilleur.
Cette diversité se retrouve également dans les pavillons thématiques mis en place par l’organisation de l’Expo. Huit « signature pavillons » proposent des expériences immersives autour des grands défis de la vie future (santé, alimentation, environnement…).
Par exemple, le pavillon Earth Mart se présente comme un supermarché du futur explorant l’alimentation durable et l’économie circulaire, à travers des installations ludiques et éducatives.
Un autre, nommé Better Co-Being (« Mieux vivre ensemble »), interroge les visiteurs sur la manière de construire une société plus inclusive et collaborative.
Pays hôte oblige, le Japon tient la vedette avec un pavillon national exemplaire en matière d’innovation durable. Fidèle à sa réputation de haute technologie mêlée de poésie et de tradition, le Pavillon du Japon incarne le concept des « circulations diversifiées de la vie » et fonctionne lui-même comme une infrastructure écologique.
Sa structure en bois lamellé-croisé (CLT) démontable et son design circulaire s’inspirent directement du Grand Ring. Ce pavillon intègre une véritable usine de recyclage : chaque jour, environ une tonne de déchets organiques générés sur le site de l’Expo y est collectée et traitée sur place.
Dans la Zone “Plant”, les visiteurs peuvent observer un bioréacteur opérationnel qui méthanise les déchets alimentaires pour produire du biogaz et de l’électricité.
Le parcours se prolonge dans la Zone “Farm”, où ce sont les algues qui volent la vedette.
Le pavillon présente 32 variétés d’algues personnifiées par Hello Kitty – chaque personnage représentant une espèce. Les visiteurs découvrent dans un décor féerique le potentiel de ces micro-organismes : fabrication de bioplastiques, rôle dans l’alimentation et l’énergie.
Enfin, la Zone “Factory” montre comment ces biomatériaux peuvent donner naissance à des objets du quotidien : des tabourets imprimés en 3D à partir de bioplastique de spiruline, ou encore des bras robotisés simulant la fabrication en temps réel.
La France : l’art de vivre durable attire les foules Le pavillon français, intitulé « Un Hymne à l’amour », se présente comme un espace poétique et élégant, conçu par les architectes Thomas Coldefy et Carlo Ratti. Sa scénographie immersive, signée Justine Emard, fait vibrer les visiteurs autour des thèmes de l’amour de soi, des autres et de la nature. Le succès est au rendez-vous : plus d’un million de visiteurs en seulement 40 jours, ce qui en fait l’un des pavillons les plus fréquentés de l’Expo.

La France y met en avant plusieurs de ses secteurs d’excellence :
Le bâtiment lui-même est un modèle de construction éphémère durable : charpentes démontables, double peau extérieure isolante, toiture végétalisée. Le jardin suspendu autour d’un olivier millénaire symbolise cette alliance entre tradition et modernité.

Le Brésil propose une immersion sensorielle à travers un parcours en cinq actes, de la naissance à la régénération de la nature. Sculptures gonflables, lumières, sons, parfums… chaque étape est conçue pour émouvoir et alerter. Le message est clair : protéger la bioiversité est un devoir sacré.

L’Australie quant à elle mise sur la narration solaire avec « Chasing the Sun ». Ce parcours du lever au coucher du soleil célèbre la beauté du paysage australien, les énergies renouvelables et la sagesse aborigène. Ce pavillon rappelle que rêver le futur est une manière d’en prendre soin.
Expo 2025 Osaka est une source d’inspiration majeure pour les acteurs du BTP. Elle met en lumière :
Le BTP de demain sera nécessairement plus sobre, plus intelligent, plus intégré. L’Expo d’Osaka nous montre que l’innovation architecturale, la technologie et la durabilité peuvent cohabiter harmonieusement. Il revient désormais aux bâtisseurs de transformer ces idées en réalités.
Jean-Pierre LAHERRE
Au coeur du BTP

Références :